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Le chapitre 2 du "Contre Mahomet" (partie 2E et 2F )
LIENS:
2E Quatrième argument contre l'opinion islamique, ou le texte de l'Evangile canonique annonçant la venue de l'Esprit Saint :
L'apologie islamique, dans son effort constant pour écarter les doctrines rivales de celles de son Maître, met elle- même en valeur, bien involontairement, le passage de l'Evangile de Jean qui annonce la venue de l'Esprit Saint.
L'Ancien Testament contient nombre d'annonces, sorties de la bouche des anciens prophètes du judaïsme, de l'arrivée d'un Sauveur dont la description correspond fort bien à celle de Jésus de Nazareth |2-21|. Mahomet se considérant comme plus important que ce dernier, l'une des causes de son hostilité envers les textes sacrés des juifs et des chrétiens vient de leur silence à son sujet : on y cherchera longtemps un fragment de texte annonçant prophétiquement sa venue… Je sais bien que les partisans de l'islam s'y sont essayé, mais le fruit de leurs efforts n'étant qu'une collection de fragments de textes au sens si vague qu'ils pourraient annoncer la venue de n'importe qui, n'importe où, je ne puis prendre maintenant le temps nécessaire à en faire l'inventaire. Je ne vais m'arrêter que sur l'un d'entre eux.
Ce passage de l'Evangile de Jean où Jésus de Nazareth, peu avant son exécution, annonce aux Apôtres la venue de l'Esprit Saint a particulièrement attiré leur attention. En voici le texte :
« Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements ; et je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet [avocat, assistant, conseiller] pour qu'il soit avec vous à jamais, l'Esprit de Vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu'il ne le voit pas ni ne le reconnaît. Vous, vous le connaissez parce qu'il demeure auprès de vous. Je ne vous laisserai pas orphelins. (Jean, 14, 15-18) |2-22|»
Le mot Paracleitos signifie donc, en grec ancien, langue des Evangiles, défenseur, conseiller, assistant. Et c'est bien le rôle que les chrétiens attendent voir jouer par l'Esprit Saint. Or, il se trouve que le mot Paracleitos ressemble fort à un autre mot grec : Paraclitos. Les docteurs de l'islam, sevrés de références à Mahomet (Mohammed ou Muhammad pour une prononciation plus exacte) dans les Evangiles, ont cru trouver là une solution à leur problème. Lisons Roger Arnaldez, dans « Jésus, fils de Marie, prophète de l'islam », page 150 :
« Quant à la correspondance des deux noms de Paraclet et de Ahmad, les orientalistes ont fait l'hypothèse que le mot grec paraklhtoV (défenseur) aurait été déformé en periklutoV qui signifie : de grand renom, très illustre et qui pourrait à la rigueur correspondre à ahmad, au moins dans l'un de ses deux sens : celui qui est loué plus que tout autre pour ce qu'il y a en lui de purement bon et pour ses belles qualités morales. (…). Ahmad est de la même racine que Muhammad. » |2-23|
Do nc, selon l'opinion islamique, on se trouverait là en présence d'un cas authentique d'annonce prophétique de la venue du prophète Mahomet. Remarquons que pour ce bout de texte, nul ne songe à parler de falsification…A défaut d'interpolation chrétienne, il faudra évidemment la pratiquer soi-même : d'abord, changer Paracleitos en Paraclitos, ensuite amputer le passage de saint Jean de toute sa partie finale, car il s'y trouve des indications qui ne peuvent correspondre à Mahomet : « pour qu'il soit à jamais avec vous » (Mahomet mourut et ne ressuscita point.), « l'Esprit de Vérité » (Pour un homme qui, dans ses combats, rusa tant…), « que le monde ne peut pas recevoir, parce qu'il ne le voit pas ni ne le reconnaît » (Que Mahomet fut bel et bien reçu, vu et reconnu, ses compagnons, ses victimes, son armée et tout son harem peuvent en témoigner…), « Je ne vous laisserai pas orphelins. » (Depuis la disparition de leur prophète, tous les musulmans sont orphelins, réduits à recourir au hadith ainsi qu'au raisonnement analogique pour savoir ce qu'il convient de faire et de penser, ceci plutôt que de s'en remettre à la parole vivante et pertinente d'un maître toujours en vie et capable de le prouver.). Tout ceci fait beaucoup de travail et ne laisse plus grand chose du passage de saint Jean. En fait, du point de vue islamique, la seule partie acceptable semble se réduire à ceci : « Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements ; et je prierai le Père et il vous donnera un autre Ahmad. » Semble, car le travail d'équarrissage n'est pas mené avec suffisamment de rigueur. Doivent être éliminés aussi : « je prierai le Père » (L'islam n'admet pas qu'une simple
créature, telle que Jésus de Nazareth ou votre indigne serviteur, puisse considérer Dieu, ou Allah, comme son père. Allah n'a pas engendré et n'a pas été engendré, selon le Coran, sourate 112, verset 3.), « Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements » (L'opinion islamique, et celle du Coran lui-même, étant que les chrétiens n'ont pas conservé lesdits commandements, qu'ils ont falsifié les Evangiles, ils ne peuvent donc pas être considérés comme aimant véritablement et en vérité leur maître Jésus. Que, donc, puisqu'ils ne l'aiment pas réellement, ils ne peuvent s'attendre à le voir leur envoyer Paracleitos, Paraclitos, ou Ahmad, en récompense d'un amour inexistant. Dans ce cas, Mahomet, alias Ahmad, qui dit que les Evangiles ont été falsifiés par les chrétiens, n'existe pas, puisqu'il n'est jamais venu…). Ce qui fait que, enfin de compte, ne reste que le membre de phrase suivant à pouvoir satisfaire un théologien musulman : « et il vous donnera un autre Paracleitos » ; encore faut-il modifier Paracleitos en Paraclitos… Bref, sans modification et amputations massives, le texte de saint Jean ne peut servir de rien aux partisans de Mahomet.
Je n'ose imaginer ce qu'il adviendrait du cours de la justice dans les pays d'islam si les tribunaux civils admettaient la recevabilité de tels maquignonnages scripturaires ; bien évidemment, les juges y étant ordinairement honnêtes, le comptable qui fait subir à sa comptabilité le traitement que les docteurs de l'islam, gardiens de la morale, infligent aux textes des Evangiles est immédiatement jeté en prison. Ce qui prouve que bon sens et instinct de conservation forment l'ultime rempart des peuples…
Le résultat de tout ceci est qu'il reste aux docteurs de l'islam deux possibilités : soit se dédire en regardant comme (nouvellement) falsifiés ce passage des Evangiles, soit admettre que, puisque les chrétiens n'ont nul besoin, eux, de trafiquer ce texte pour en tirer la preuve de l'existence de l'Esprit Saint, que saint Jean démontre plus aisément l'Esprit Saint que la venue de « Ahmad ».
Par leur volonté obstinée de démontrer l'annonce prophétique de Mahomet, les docteurs de l'islam - pourtant si prompts à disqualifier tout ce qui semble contredire leur doctrine -, ont légitimé un passage de l'Evangile qui, pris tel quel, prouve l'annonce de l'Esprit Saint ; grâce leur soit rendue.
Pour savoir au fond ce qu'est ce fameux « Esprit Saint », je vous invite à passer au point suivant. J'y ai réuni quelques informations de bonne source.
2F Digression sur l'Esprit Saint, selon la théologie catholique :
Les idées des chrétiens concernant l'action de Dieu sur les Hommes ne se limitent nullement au rôle des écritures sacrées majeures, soit l'Ancien Testament (la Thora des juifs) et le Nouveau Testament (les quatre Evangiles et quelques écrits annexes). L'idée de révélation, pour eux, englobe aussi l'action directe, en tout temps et en tout lieu, de la divinité sur l'esprit de ses créatures. La révélation selon le christianisme est action permanente, vivante, et non pas seulement attachement à la lettre de textes rédigés il y a plusieurs dizaines de siècles ; des textes qui portent le témoignage d'une intervention, certes massive et essentielle, mais ancienne, de l'esprit de Dieu sur l'humanité. Le christianisme nomme Esprit Saint cette partie de la divinité qui agit par inspiration sur les cerveaux humains. Voici, en cinq fragments, un exposé sur la nature, l'action, les dons et la finalité de l'Esprit Saint. Ces cinq passages sont tous tirés de profession de foi, d'homélie, et de lettre encyclique rédigées et proclamées par des pontifes de l'Eglise catholique et romaine |2-24|.
Paul VI (1968) :
« Nous croyons en l'Eprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils. Il nous a parlé par les prophètes, il nous a été envoyé par le Christ après sa résurrection et son ascension auprès du Père ; il illumine, vivifie, protège et conduit l'Eglise ; il en purifie les membres s'ils ne se dérobent pas à la grâce. Son action, qui pénètre au plus intime de l'âme, rend l'homme capable de répondre à l'appel de Jésus : Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. (Matthieu 5,48) » |2-25|
Paul VI (1964) :
« Et l'Eglise nous dit alors : pratiquez la dévotion à l'Esprit Saint et vous serez en communion avec le Christ, et vous comprendrez que le Seigneur, de maître extérieur qu'il était, devient, comme dit saint Augustin, le maître intérieur, l'inspirateur, à travers le langage du Paraclet [l'Esprit Saint], de nos bonnes pensées, de nos bonnes intentions ; celui qui nous rend capable d'exercer des vertus que nous ne saurions pratiquer nous-mêmes ; celui qui est la source - et ceux qui ont reçu la confirmation s'en souviendront - des sept dons, de ces dispositions de sagesse, d'intelligence, de conseil, de force, de science, de piété, de crainte de Dieu qui enflamment l'âme brûlante de vie spirituelle, qui reflètent la vie divine sur elle, afin qu'elle devienne un miroir pour ces rayons qui descendent du ciel, rayons que le Christ dirige sur les âmes aptes à recevoir cette lumière. » |2-26|
Léon XIII (1897) :
« Comment et dans quelle mesure le Saint-Esprit agit dans les âmes, cela n'est pas moins admirable, bien que plus difficile à comprendre par cela même que nos yeux ne le peuvent saisir. Cette effusion de l'Esprit divin est si abondante que le Christ lui-même, dont elle découle, l'a comparée à un fleuve très abondant, comme on le voit dans saint Jean : Celui qui croit en moi verra des fleuves d'eau vive couler de son sein ; l'Evangéliste explique ce témoignage : Il dit cela de l'Esprit Saint que devaient recevoir tous ceux qui croiraient en lui (Jean 7, 38-39). » |2-27|
Jean-Paul II (1980) :
« L'homme qui vit selon la chair, c'est l'homme ouvert seulement à ce qui vient du monde : il est l'homme des sens, l'homme de la triple concupiscence. Un tel homme vit presque au pôle opposé de ce que veut l'Esprit. … Or on sait bien ce que produit la chair : fornication, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, disputes, dissensions, scissions, sentiment d'envie, orgie, ripailles et choses semblables… (saint Paul, Lettre aux Galates 5, 19-21). Mais le fruit de l'Esprit est amour, joie, paix longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi…(Lettre aux Galates 5, 22-23). » |2-28|
Paul VI (1965), parlant du baptême :
« Par ce premier exorcisme, accompli sur nous par le ministre de l'Eglise, notre âme est devenue capable d'abriter l'Esprit Saint, d'être son tabernacle [réceptacle] : Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? (saint Paul, première Lettre aux Corinthiens 3, 16) » |2-29|
Léon XIII (1897), parlant du but de l'action divine sur l'humanité :
« La mission divine que Jésus-Christ a reçue du Père et qu'il a si bien remplie auprès du genre humain, a pour fin dernière la béatitude des hommes au sein de la gloire éternelle et pour fin prochaine, dans cette vie, la possession et la conservation de la grâce dont la vie du ciel doit être le dernier épanouissement. Aussi le Rédempteur ne cesse-t-il d'inviter avec bienveillance les hommes de toute nation et de toute langue à se réunir dans le sein de l'Eglise : Venez tous à moi, Je suis la vie ; C'est moi le bon pasteur (Matthieu 11, 28 ; Jean 11, 25 ; Jean 10, 11) » |2-30|
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