« Vous ne pouvez pas nous tuer nous sommes déjà morts.
L'Algérie embrasée »
Farid Alilat Shéhérazade Hadid
Editions n°1
2002 Paris
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L'Algérie est un Etat instable. Son idéologie fondatrice est un roman. Il a joué perdant sur presque tous les tableaux depuis sa fondation. Alors que la population qui lui est, ou aurait du lui être soumise, est un mélange d'Arabes, de Berbères, d'Italiens, de Français, de Maltais, d'Espagnoles, de Touaregs et de juifs, son idéologie lui commanda de n'assumer que sa nature arabe. Alors que les langues parlées sur son territoires étaient le français, divers idiomes berbères et une version locale d'arabe populaire, son idéologie lui commanda de ne favoriser que l'arabe du Coran, langue littéraire, quasi morte, inconnue du peuple, et véhicule d'une forme de civilisation très éloignée de la modernité scientifique. Alors que la situation géographique de son territoire le plaçait en contact étroit avec l'Europe du Sud et l'Afrique noire, aux économies très complémentaires, sur les rives d'une mer, et donc par elle ouvert sur le monde, son idéologie lui commenda de s'agréger à un bloc politique et culturel, le monde arabe, avec lequel les possibilités d'échanges économiques et culturels ne pouvaient qu'être limité. Alors que ses populations se trouvaient, à l'origine, pratiquer au moins trois religions, et que l'orientation de l'Etat prédécesseur était celle de la neutralité confessionnelle, son idéologie le poussa à abandonner le laïcisme puis à ne privilégier qu'une seule de ces trois religions. Dans le grand affrontement politique et économique de l'après seconde guerre mondiale entre les divers modèles de société, le capitalisme l'emporta radicalement sur le socialisme ; l'Etat algérien avait appliqué le modèle socialiste. LE ratage complet.
Il en découle nécessairement que le peuple est mécontent… Certains ont fuit le pays dès les premiers moments, d'autres ont émigrés plus tard, d'autres ont pris les armes, d'autres enfin grondent et manifestent. Cette dernière catégorie forme le sujet de ce livre. M.X.Villan
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Quelques passages intéressants :
Page 59 : Situation économique à la veilles des émeutes kabyles, en 2001 : 45% de pauvres, 35% de chomeurs, dont les deux tiers ont moins de vingt-cinq ans. Le système éducatif forme massivement de futurs chomeurs.
Page 65 : Sentiment de révolte de la jeunesse face à l'Etat algérien, à son mépris, à la corruption, à l'autoritarisme et au déni identitaire.
Page 72 : Où certains ne veulent pas quitter le pays pour chercher fortune ailleurs. La soupape de sureté la chaudière algérienne ne fonctionne donc plus.
Page 75 : Où gendarmes et manifestants kabyles se regardent mutuelement comme des étrangers.
Page 78 : Où la jeunesse révoltée haït les gendarmes.
Page 93 : Utilisation de balles explosives par la gendarmerie algérienne contre les jeunes manifestants.
Page 120 : « Dans un pays qui compte dix millions d'analphabètes, l'arabe classique [langue du Coran et des études arabo-islamiques] fait presque figure de langue étrangère ».
Pages 128 à 134 : Histoire de l'irrédentisme berbère.
Page 130 : 1980, opinion du président algérien Chadli quant à la question berbère : « Nous sommes tous des Berbères arabisés par l'islam ». Donc il n'y plus de question berbère en Algérie.
Page 134 : 1999 : refus du président algérien Bouteflika de prendre en compte les revendications culturelles berbères.
Pages 146-146 : Rôle politique de l'armée algérienne.
Page 159 : Où la Kabylie est marginalisée depuis l'indépendance.
Page 160 : Djemaa et aarches : le retour de l'autogestion traditionnelle dans les villages kabyles en réponse au désintérêt de l'Etat algérien.
Page 171 : Les angoisses d'un maire algérien : 30 000 administrés et des caisses vides…
Page 150 : 2001, opinion d'un conseiller à la présidence. « On vivra longtemps avec les terrorisme [islamiste] »
Page 218-222 : Grande manifestation kabyle à Alger. Répression : barres de fer, eau brûlante, lacrymogène, lynchages.
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TABLE DES MATIERES:
1. La mort de Massinissa Guermah enflamme la
Kabylie 11
État de siège autour de la gendarmerie. 16
« Les assassins sont des malfaiteurs habillés
en gendarmes» 21
2. Des rafales à la gendarmerie 25
Le temps de l'instruction 27
3. Amizour, les feux de la rue 32
Tir à bout portant 37
La peur des gendarmes 40
4. Ouzellagane : Kamel, mort une balle dans le dos 42
« Même avec une seule jambe, je continuerai » 46
« Je ne pardonnerai jamais aux assassins de
mon fils» 52
Farid Chila s'apprêtait à se marier l'été
suivant 53
5. Bouteflika ignore les cris de révolte 57
Un pays de douze millions de pauvres 58
Un président voyageur 62
6. L'embrasement 64
« Nous ne contrôlons plus nos troupes ». 67
7. Azzazga : les snipers signent neuf crimes. 70
Le temps des barricades 73
Ils ont la haine des gendarmes. 78
Des monuments funéraires à la mémoire des
victimes 84
8. Jésus achevé à Larba 87
Quand les gendarmes maquillent leur crime 93
9. Sadi quitte le gouvernement. 97
« Je ne veux pas aller à l'enterrement de mon
pays» 99
10. La Kabylie en feu, l'Algérie dans l'attente. ...104
Jospin demande à Védrine de revoir sa copie. ..106
La presse au coeur de la révolte. 111
11. Bouteflika déçoit les Kabyles. 116
« Ils tuent, ensuite ils viennent enquêter » ...123
12. La Kabylie frondeuse 126
Le tamazight, langue officielle ? Jamais 131
13. La revanche de l'ancien ministre de Boumediene 135
Septembre 1998, la roue tourne 140
Président aux mains des généraux ? 144
Il avait tout pour réussir, il échoue. 151
14. La résurrection des comités de villages. 156
Une tradition ancestrale. 160
15. Les raisons de la colère 166
Fuir le pays à tout prix 178
16. Le « général » marche sur Alger 187
La nuit des insurgés 188
«Nous avons vaincu la peur» 193
17. «Si j'étais vous, je démissionnerais » 198
18. Le vent de la révolte souffle sur l'Est. 206
Une balle perdue atteint Fatiha 208
19. Ramtane n'ira pas marcher à Alger. 211
20. 14 juin, l'émeute sanglante. 215
«Allez-y, massacrez-les» 219
Scénario diabolique 223
21. « Retirer la gendarmerie de la Kabylie est inac-
ceptable» 229
22. Le dialogue ou le chaos 235
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